Affichage des articles dont le libellé est Dieu. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dieu. Afficher tous les articles

dimanche 29 janvier 2012

Pensée du jour, X

Dans cette très lumineuse Ténèbre, puissions-nous entrer nous-mêmes, et, par la non-vue et l'inconnaissance, puissions-nous voir et connaître ce qui est au-delà de toute vision et connaissance, par le fait même de ne rien voir ni rien connaître. Car c'est là véritablement voir et connaître et célébrer suressentiellement le Suressentiel lorsque l'on fait abstraction de tout ce qui existe. Tout comme ces artistes, lorsqu'ils façonnent une statue, retranchent tout ce qui masque la pure vision de la forme qui s'y dissimule, c'est par ce seul dépouillement qu'ils font apparaître la beauté latente.
Denys l'Aréopagite, Traité de la théologie mystique, trad. de l'abbé Darboy (1845), §2

mercredi 11 janvier 2012

Pensée du jour, IX

Que veux-je dire, Seigneur mon Dieu, sinon que j'ignore d'où je suis venu ici-bas, en cette vie. Dois-je la nommer une vie mortelle, ou plutôt une mort vivante ?
Saint Augustin, Les Confessions, Livre I, ch.VI

vendredi 30 juillet 2010

Pensée du jour, VI

Beaucoup de maîtres prônent l'amour comme ce qui est le plus haut, tel saint Paul quand il dit : « Quelque tâche que j'entreprenne, si je n'ai pas l'amour je ne suis rien ». Mais je mets le détachement encore au-dessus de l'amour. D'abord pour cette raison : le meilleur dans l'amour est qu'il m'oblige à aimer Dieu. Or c'est quelque chose de beaucoup plus important d'obliger Dieu à venir à moi que de m'obliger à aller à Dieu, et cela parce que ma béatitude éternelle repose sur ce que Dieu et moi devenions un.

La seconde raison pour laquelle je mets le détachement au-dessus de l'amour est celle-ci : si l'amour m'amène au point de tout endurer pour Dieu, le détachement m'amène au point de n'être plus réceptif que pour Dieu.

L'homme qui est complètement détaché est tellement ravi dans l'éternité que rien de passager ne peut plus l'amener à recevoir une sensation corporelle. Il est mort au monde parce que rien de terrestre ne lui dit plus rien. C'est cela que saint Paul avait en l'esprit quand il disait : « Je vis et ne vis pourtant pas. Le Christ vit en moi »
Maître Eckhart, Du détachement

jeudi 29 octobre 2009

Leibniz sur la créativité onirique

Pour ne rien dire des merveilles des songes, où nous inventons sans peine, et sans en avoir même la volonté, des choses auxquelles il faudrait penser longtemps pour les trouver quand on veille, notre âme est architectonique encore dans les actions volontaires, et, découvrant les sciences suivant lesquelles Dieu a réglé les choses pondere, mensura, numero, elle imite dans son département et dans son petit monde, où il lui est permis de s'exercer, ce que Dieu fait dans le grand.
G. W. Leibniz, Principes de la nature et de la grâce, §14

vendredi 17 octobre 2008

Volonté de Dieu ou liberté humaine

Quelques réflexions à propos d'un problème qui me semble, de prime abord, impossible à résoudre... Un certain nombre de philosophies et de religions affirment l'existence d'un libre arbitre de l'homme, tout en posant d'autre part l'existence d'une volonté divine à l'œuvre à travers le monde, Dieu étant doué de prescience. De ces idées sont déduites un ensemble d'hypothèses, selon lesquelles l'histoire humaine serait dans ses grandes lignes dictée par Dieu, les "petites" étant abandonnées à la volonté de l'homme.

Tout ceci se heurte à deux difficultés. Il est inutile sinon absurde, d'abord, de supposer l'existence d'une liberté humaine limitée à l'insignifiant ; quel serait son sens ? Séparer ce qui importe de ce qui est superflu est par ailleurs strictement impossible : ce que l'on juge ou paraît secondaire influe toujours sur les grands événements, lesquels n'auraient souvent pu se produire si d'infimes détails n'eussent pas été ce qu'ils furent. En outre, si l'homme est libre face au plan de Dieu, si chacun peut s'inscrire ou non dans des voies qui seraient déjà tracées, chaque événement déterminant chaque événement et chaque homme influant ses semblables, comment notre vie pourrait être jalonnée d'épreuves et d'événements déterminés par avance ?

Si Dieu connaît par avance la vie que je dois mener, c'est qu'il possède la connaissance de tout ce qui doit se produire, c'est-à-dire de tous les événements, eux-mêmes agis par des hommes censés être libres. Ou je suis libre et tout est illusoire, ou nous n'avons tous aucune marge d'autonomie.